Séisme à Auckland : la France déja en finale !  posté le dimanche 25 septembre 2011 19:18

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Le choc a bien eu lieu ce samedi 24 septembre à l'Eden Park d'Auckland entre les deux archi-favoris de la coupe de monde rugby 2011. D'un côté les All Blacks, porteurs des espoirs de toute une nation, de l'autre la France venue avec les meilleurs joueurs du meilleur des championnats de la planéte ovale.

Richie McCaw, le capitaine des Blacks aux 100 sélections, avait prévenu avant le match : "nous craignons les Bleus parce qu'ils sont imprévisibles, ils sont là où on ne les attend pas". Prémonitoire !.

Après les hymnes, et sans doute pour se donner du courage, les Blacks exécutent leur terrible haka, le Kapa O Pango, dans une chorégraphie inspirée des meilleures prestations du Bolchoï. Cette danse folklorique locale n'impressionne pas les Français, droits dans leurs crampons et fiers comme Artaban.

L'entame du match est titanesque, les Bleus donnent le la, le si et surtout le sol, privent les Blacks de ballon et campent pendant 10 minutes dans les 22 adverses en faisant circuler le balle de droite à gauche, de gauche à droite, de bas en haut et de haut en bas, mais en évitant soigneusement d'aller à l'essai. La leçon de rugby atteint son paroxysme lorsque Morgan Parra, qui n'a pas effectué un seul match de préparation à l'ouverture, tape un drop dans un fauteuil en visant le poteau et le touche ! Quelle humilation pour les Blacks ! Les Bleus les ont baladés dans tous les sens sans daigner leur planter un essai et voilà que Parra, Monsieur quasi 100% dans ses tirs au but, fait exprès de taper sur un poteau ! Du grand art, du grand spectacle, de la classe chez ces Bleus !

A cet instant de la partie, les Blacks sont au fond du trou, le regard hagard, cherchant de l'aide sur le banc et dans les tribunes. Ils ont compris que les Bleus n'ont pas mis d'équipe B ou C, qu'ils ne sont pas simplement venus pour gagner mais bien pour les mettre fanny ! La stratégie du choc et de l'effroi : les Blacks fanny dans leur propre coupe du monde !. Quel séisme !

A ce moment précis, s'il avait eu une noix dans le derrière, Carter aurait fait de l'huile ! McCaw, tendrement surnommé Macouille par son entraîneur, pensait à cette centième et sans doute dernière sélection gâchée par la maestria des Bleus. Il se voyait déjà à la retraite à Calcutta, sur les traces de mère Thérésa, en train de donner des leçons de "French touch rugby" aux orphelins des bidonvilles. Graham Henry, le "coach", repensait au drame de 2007 et à la défaite de Cardiff. Il se voyait enfin partir faire un tour du monde à la voile en solitaire et sans escale. Il notait fébrilement quelques phrases sur son vieux carnet de professeur : penser à passer le Kärcher sur la coque et à prendre mes livres français préférés, "Le discours de la méthode" de René Descartes et "Zadig et Voltaire, une leçon de vie" de Frédéric Lefebvre. Pour lui, ces deux oeuvres immenses résument à elles seules le génie français : la méthode pour Descartes, l'imprévisibilité pour Lefebvre.

Mais la leçon des maîtres es-rugby était maintenant terminée, et les Bleus, beaux joueurs, laissèrent alors les Blacks s'amuser un peu à domicile et faire plaisir aux 60.000 supporteurs qui avaient payé cher pour voir ces si imprévisibles Bleus donner un récital rugbystique comme rarement une équipe avait su le faire. Remember Cardiff, Dunedin et Wellington pour ses tables de nuit !

Complètement déboussolés par ce changement aussi brutal que soudain de tactique, les Blacks bafouillèrent dès lors leur rugby. Leurs arrières ne surent plus quoi faire du ballon et devant des Bleus qui évitèrent alors subtilement de les plaquer pour ne pas les blesser et fausser le score de la future finale, pour le cas ou les Blacks réussiraient à se qualifier, ils zigzaguèrent comme des canards sans tête dans la défense française au lieu de foncer tout droit et d'aplatir tranquillement entre les poteaux comme le voudrait la bienséance et la bonne éducation, valeurs qui semblent toutes deux étrangères à ces Blackounets. Sans même parler du style et de l'efficacité ! Que d'essais faciles ratés, que de courses superflues, de feintes inutiles, de tampons superfétatoires, de coups de pied tactiques déplacés ! Pauvres Blacks, malgré toute la bonne volonté des Bleus, ils n'arrivèrent à la mi-temps qu'avec 3 essais d'avance. Autant dire rien face à la fantastique armada du Top 14 et de la H-Cup réunis.

La deuxième partie du match fut bien moins passionnante. Les Bleus offrirent un essai à leurs hôtes dès le retour des vestiaires, histoire d'encourager un peu des Blacks palots. Pour montrer qui était le patron sur le terrain, nos vaillants représentants lancèrent Mermoz, dont absolûment personne ne s'était encore rendu compte qu'il était dans l'équipe, sur orbite pour un essai sur un contre qui montra, si besoin était, à quel point ces Blacks étaient naïfs ! Ne faisant pas le voyage pour rien, Mermoz en profita pour chambrer un peu les autochtones afin d'éviter l'endormissement et remettre les pendules à l'heure.

Presque dans la foulée, Trinh-Duc marqua un essai tout en ruse en partant des 5 m, alors que les Blacks, toujours aussi naïfs et à côté de leurs crampons étaient en train de reprendre leur souffle suite à un cours de mélée fermée administré quelques secondes plus tôt par des Bleus qui déroulaient leur tactique et les schémas mijotés par l'encadrement dans les secrets de Marcatraz.

Pour bien finir et ne pas casser l'ambiance, les Bleus firent une feinte encore jamais vue à ce niveau. Sur le renvoi, ils soulevèrent un réceptionneur à 10 m du point de chute du ballon et Thomson, complètement pris au dépourvu, reprit la balle de volée et oublia bêtement d'aller aplatir directement dans l'en-but. Le pauvre bougre, empoté comme un junior, arriva tant bien que mal à passer le ballon et il fallut alors au moins trois ou quatre passes à cette laborieuse et besogneuse équipe des Blacks pour aplatir un cinquième essai qui sauva l'honneur, en quelque sorte.

Le match se termina sur une note sympathique, où les Bleus, après s'être régalés sur le plan tactique et après avoir appris aux Blacks 2 ou 3 petits trucs de pros du Top 14 pour améliorer leur jeu, firent une haie d'honneur à ses braves guerriers à la fougère d'argent. Pas fâchés du tout, les Blacks rendirent leur haie d'honneur à ses incroyables Bleus qu'ils admirent tant pour leur caractère aussi imprévisible. Pour faire écho à ce que disait Richie McCaw avant le match, ils ajoutèrent en choeur : "les Bleus ne sont jamais là où on les attend ni là où ils devraient être". Quelle perspicacité !

Seule ombre au tableau à la suite de cette prestation d'anthologie, le comportement de Julien Bonnaire, qui s'est entêté à prendre chaque ballon en touche de manière impeccable. Il n'a pas su respecter les consignes et cacher son jeu pour mieux se réserver pour la finale. Il sera sans nul doute attendu par des Blacks aux abois. Triste personnage, piètre équipier, il est plus que certain qu'il ne jouera pas contre les Tonga, à cause d'un manque évident d'esprit collectif et de solidarité.

Ce dimanche matin dans la presse néo-zélandaise, Graham Henry accusait le coup et tirait sa mine des mauvais jours (voir photo) : "ce match contre une équipe plus difficile à jouer a permis de mettre en évidence certaines faiblesses qu'il faudra corriger(1)".

La conclusion s'imposa d'elle même après cette partie maîtrisée de bout en bout par une équipe de France sûre de sa force, de sa ruse et de sa tactique : Sun Tsu en serait mystifié et Clausewitz sur les rotules. La route de la finale est maintenant totalement dégagée pour nos valeureux Gaulois ! Un boulevard, une autoroute, un pas de tir de lancement de la fusée Ariane !

Dans les tribunes de l'Eden Park, il se murmurait que l'encadrement tongien avait demandé à ses joueurs de passer des IRM 3D en urgence pour qu'ils puissent mieux numéroter leurs abâtis avant le dernier match de poule(2) contre les Bleus.

Martin Johnson a d'ores et déjà supprimé le pudding au menu des joueurs anglais. Tindall est même privé de sortie en boîte la veille des matches. Johnson craint particulièrement les placages désintégrants des Français qui, comme le souligne Marc Lièvremont, ont tous "pété" leurs records en muscu. Johnno ne veut pas voir ses joueurs finir en mauvais porridge en quart et leur a demandé de faire plus de pompes dans leur chambre le soir pour renforcer leur gainage.

Declan Kidney, dit "Dickie les gros rognons", le "coach" des Irlandais oblige dès à présent ses pré-retraités O'Driscoll, D'Arcy, O'Gara, O'Callaghan et O'Connell à marcher dans les couloirs de l'hôtel avec des déambulateurs pour arriver frais en demie. Il pense même laisser ses vieux au repos en quart ! Il a été soufflé par la ruse d'Harinordoquy qui a volontairement reculé de 15 m balle en main sur une charge de ce benêt de McCaw pour mieux en garder sous la pédale pour affronter la verte Erin.

Thierry Lacroix, Monsieur rugby sur TF1, sorti de sa retraite australienne, confirme cette analyse avec son enthousiasme légendaire, sa gouaille toute landaise et son régécolor Schwarzkopf. Cette fois-ci la coupe Webb Ellis est pour nous, "in the bag" ! Elle ne pourra pas nous échapper et la finale contre les Blacks, si ces modestes danseurs de haka arrivent à se qualifier, ne sera qu'une simple formalité.

Dans leur tableau, les Blacks devront par contre s'employer sévère pour sortir les bourrins Boks et les donzelles(3) autraliennes, mais l'exploit est possible car ils jouent à domicile et ne veulent pas décevoir leur public.

 

Vivement la finale et allez les Bleus !

 

(1) Véridique !

(2) De l'anglais "pool", femelle du coq !

(3) "Ladies" dans la presse néo-zélandaise.

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La FIFA souffle le froid et le chaud !  posté le vendredi 03 décembre 2010 16:30

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Ainsi donc la Russie organisera la CdM de football en 2018, alors que le Qatar se chargera de celle de 2022. 2018, 2022, c'est loin mais à la lecture des rapports de FIFA sur les dossiers de candidature, ce ne sera pas trop long pour construire les infrastructures nécessaires au second évènement planétaire après les Jeux Olympiques.

Si l'exotisme des heureux élus a provoqué quelques plaisanteries narquoises et autres sarcasmes, la FIFA reste dans sa logique d'expansion après l'Asie en 2002 et l'Afrique en 2010. La Russie et le Qatar méritent autant que n'importe quelle autre nation, petite ou grande, d'accueillir un tel évènement, pour peu que leur dossier soit crédible. La supposée, et parfois confirmée, corruption de quelques dirigeants pour cette attribution ne lèvera pas le doute sur les attributions précédentes et on peut considérer qu'elle est inévitable(1).

Les rapports de la FIFA nous apprennent que la Russie table sur plus de 3 millions de spectateurs avec une quinzaine de stades, plus ou moins à rénover et à construire. Les délégués ne manquent pas aussi de souligner quelques faiblesses en matière d'infrastructures aéroportuaires. Rien de tout cela ne devrait, selon leurs conclusions, perturber une organisation forte d'un budget de près de 4 milliards de dollars.

Un autre rapport nous apprend que la Qatar est un pays de 1,7 millions d'habitants, grand comme un département français, qui va investir massivement dans des stades démontables et des infrastructures ultra-modernes pour 3 milliards de dollars. Le Qatar mise sur la vente de 2,9 millions de billets, soit une fois et demi sa population. Pour l'hôtellerie, le supporteur de base devra débourser plus de 300 dollars la nuit en 3 étoiles et il y fort à parier que la capacité des campings locaux sera vite atteinte ! Nos amis Anglais, qui sont déjà amateurs du 4 o'clock tea, ne seront pas dépaysés en matière de boisson...

Les délégués clairvoyants ne manquent pas de relever que les températures moyennes en journée pendant l'évènement seront de 37 degrés pour tomber à 31 degrés la nuit ! On pressent que les équipementiers vont devoir innover avec, sans doute, le développement de maillots avec brumisateur intégré ! Notons que les entraînements et les matches auront lieu dans des enceintes climatisées, ce qui paraît un minimum. Pelouses chauffées en Europe, stade refroidis au Qatar, on sait soigner le footballeur. Malgré tout, le Qatar présente une candidature "verte" et soucieuse d'un développement durable.

La grande innovation qatari viendra des stades démontables qui seront ensuite exportés sur 22 sites. Voilà sans doute une idée que les présidents de L1 devraient creuser un peu : construire des stades démontables et à géométrie variable s'accommodant des montées et des descentes ! Si le club fait banqueroute, on peut toujours revendre le stade et le transporter ailleurs.

Qu'on se le dise, le foot du futur s'invente au Qatar et passe par la Russie !

 

(1) loin de moi l'idée de cautionner la corruption mais arrêtons d'être naïfs et de donner des leçons côté français, surtout en ce moment !

 

Photo : le futur stade du port de Doha (dossier remis à la FIFA)

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Les Cacophonistes Rugby  posté le mercredi 01 décembre 2010 12:54

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La débâcle de l'EdF fait parler et hier soir, Marc Liévremont (ML) avait courageusement accepté d'être l'invité des Spécialistes Rugby sur Canal+. Le principe de l'émission est simple, des entraîneurs, anciens joueurs voire des joueurs en activité et des journalistes analysent les matches récents ou s'expriment sur des faits de jeu particuliers ou encore sur l'actualité rugbystique.

Hier, le spectateur a vite compris que ML n'est pas homme à tout remettre en cause, malgré quelques petites concessions sur des erreurs "possibles", globalement il ne changera rien, ou seulement à la marge, pour la prochaine CdM. Rien de vraiment surprenant et le problème de l'émission n'était pas vraiment là ; il portait plutôt sur la forme des débats, ou sur la sorte de foire d'empoigne verbale qui en prit la place.

La règle de toutes ces émissions, sportives ou non, est que pour avoir débat il faut des contradicteurs(1) et il est clair que si tout le monde est du même avis, on enrichit pas vraiment la réflexion. Soit !

Pourtant, il devient pénible, pour ne pas dire franchement agaçant de voir ces débats, le plus souvent intéressants par ailleurs, tourner à la cacophonie générale avec plusieurs intervenants parlant à la fois, les uns ne prenant pas le temps d'écouter les réponses des autres, et les autres ne laissant pas parler les uns. On se croirait revenu chez Michel Polac trente ans en arrière. Pourquoi pas, mais alors, Messieurs de Canal, changez le titre de l'émission et appelez-là "Cacaphonie en rugby majeur !". Prévenez aussi les téléspectateurs qu'ils ne vont rien comprendre à ce qui se dit et qu'ils auront de la chance s'ils peuvent seulement capter une phrase complète au cours des échanges.

Ou alors, demandez à vos invités de se tenir un peu, en particulier au Sieur Elissalde père, qui ne dit pas que des bêtises, mais dont les arguments auraient d'autant plus de portée qu'ils ne seraient trop vivement assénés.

Cher François Trillo, rendez-vous un service, régulez mieux vos compères et le spectateur vous en sera très reconnaissant. D'avance, merci !

 

(1) on est entre copains quand même et les critiques sont rarement acérées

 

P.S. : la photo vient du site Internet de Canal+, aucun animal n'a été tué ou blessé lors de sa capture.

 

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L'IRB donne le classement de la Coupe du Monde et du Tournoi des 6 Nations 2011  posté le mardi 30 novembre 2010 10:20

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A l'automne, les feuilles mortes se ramassent à la pelle et l'EdF ramasse des pelles ! La tournée d'automne, qui a vu les nations du Sud donner quelques leçons de rugby à celles du Nord, a rendu son verdict avec en point d'orgue, le récital australien à Saint-Denis.

Comme tous les ans, les Kiwis, les Wallabies et les Springboks sont donc venus donner des cours magistraux de jeu de rugby à leurs homologues, ou plutôt sparring-partners, voire faire-valoir, du Nord. On pourra toujours arguer que les Anglais ont battu les Australiens, accrochés les Blacks, que les Ecossais ont battus des Sudafs pas très joueurs et que les Irlandais n'ont pas été ridicules, mais dans l'ensemble la suprématie du Sud est réelle et le classement de l'IRB en rend bien compte.

Certes, les Australiens ont aussi battu les Blacks à Hong Kong, mettant ainsi fin à une imposante série de 16 victoires consécutives, mais l'équipe de l'année reste tout de même la Nouvelle-Zélande, avec un Carter de gala sur la saison.

On objectera que les Blacks n'ont pas été ultra-dominateurs contre les Anglais, les Irlandais ou les Gallois et qu'ils se sont parfois un peu montrés dillettantes mais on n'oubliera pas non plus qu'ils joueront à la maison en septembre et octobre 2011 et qu'il faudra aller les chercher.

Certes, la vérité des tests n'est ni celle de la CdM, ni celle du Tournoi et la donne peut encore changer avec des Aussies en forte hausse et des Anglais qui avancent leurs pions.

Reste que les résultats du mois reflètent les valeurs du moment qui elles-mêmes rendent assez bien compte du potentiel des équipes : des Blacks au sommet avec de surcroit l'avantage du terrain à venir, des Australiens pas très loin et en grosse progression, des Sudafs puissants mais un cran en-dessous des précédents, des Anglais en progrès avec de nouveau joueurs prometteurs, des Irlandais toujours combatifs avec quelques vieux roublards mais sans O'Connell, des Français forts en mêlée fermée mais sans imagination, des Ecossais(1), des Argentins et des Gallois qui font ce qu'ils peuvent et le reste derrière avec les moyens du bord.

Le titre mondial dépendra de la capacité des Blacks à élever leur niveau de concentration pour les matches couperets et à résister à la pression locale. On a bien vu par le passé qu'ils pouvaient être pris sur un match mais compter sur une défaillance pour les battre relève du pari plus que de la stratégie.

Le classement final du Tournoi pourrait bien être : Angleterre, Irlande, France et le classement final de la CdM pourrait bien ressembler à : Nouvelle-Zélande, Australie et Afrique du Sud ou Angleterre, le match pour la troisième place pouvant être l'occasion de faire jouer des équipes B avec un résultat aléatoire.

(1) je ne suis pas sûr que les Ecossais soient réellement meilleurs que les Argentins et les Gallois, mais le classement actuel est clair.

 

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De la statistique sportive  posté le lundi 29 novembre 2010 18:42

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Dans un monde où les contrôleurs de gestion sont rois avec des indicateurs de plus en plus nombreux, le sport n'échappe pas aux statistiques pour mesurer toutes ses facettes.
Les sports américains ne sauraient s'apprécier sans une forte de dose de chiffres qui défilent sur les écrans et sont abondamment commentés par les journalistes et les consultants de tout poil. Le phénomène a fini par arriver chez nous, sans doute aidé par la légalisation des paris sportifs. Les chiffres viennent en renfort des pronostiqueurs pour établir les côtes et justifier les prédictions.

Jusque-là, rien de vraiment surprenant, juste le sens de "l'histoire" si l'on peut dire. L'utilisation des "stats" en sport est pourtant parfois comique et deux exemples récents montrent qu'il faudrait savoir s'en abstenir.

Le premier cas est celui d'un footballeur; dont la performance avait été jugé peu convaincante par un quotidien sportif national qui a pour habitude, assez sotte selon moi, de noter les joueurs. La réplique du club de l'impétrant ne s'est pas faite attendre et celui-ci, sur son site web, publiait en substance la réponse suivante (les chiffres sont sans importance, donc pas forcément exacts) : "le joueur ne peut pas être mauvais parce qu'il a parcouru 9,975 km et réussi 83 % de ses passes".

Le deuxième cas concerne le rugbyman préféré des Français (et sans doute des Françaises !) : toujours selon le même quotidien, Chabal a été bon contre les Argentins, parce qu'il a notamment gagné 230 et quelques mètres !

Pour indiscutables que soient ces chiffres, faisons confiance à ceux qui les ont compilés, on est en droit de se demander ce qu'ils démontrent, surtout pris isolément du contexte général. Dans le premier cas, le joueur a donc bien couru et réussi la majorité de ses passes. Rien ne dit s'il a couru latéralement, en zig-zag, tourné en rond ou participé à la construction offensive. Rien ne dit non plus s'il a réussi toutes ses passes au gardien ou ses passes au milieu de trois adversaires.

Dans le second cas, rien ne dit non plus sur ce qu'il advint après que notre Chabalou national eut gagné du terrain : a-t-on marqué, perdu la balle, reculé de 50 mètres ?

Sur ces deux exemples, le rédacteur a voulu utiliser des chiffres, des stats, pour mieux démontrer sa thèse mais il a un peu confondu mesure quantitative et mesure qualitative.

Si un taux de passes réussies est un indicateur qualitatif, il souffre de plusieurs défauts : il est relatif et trop macroscopique. Relatif, car réussir 83% de passes en Ligue des Champions ou réussir le même taux en Coupe de France contre Saint-Perdus-Lez-Bleds n'a pas la même valeur. Trop macroscopique, car on ne sait rien sur la difficulté à réussir les différentes passes. Réussir une passe en retrait sans aucune pression de la part de l'adversaire est trivial, réussir une passe au milieu de trois adversaires est le plus souvent très difficile. Cette statistique a donc peu d'intérêt sans autres précisions.

Chaque mois, ou dans le meilleur des cas, chaque saison sportive, apporte son lot de nouveautés accompagnées de nouvelles statistiques et le spectateur,  le lecteur, le supporteur ne peut y échapper. L'utilité de certains chiffres pour le grand public reste cependant à démontrer. Que les entraîneurs les analysent sous toutes les coutures, et encore, en faisant preuve de discernement, est une chose. Que les jounalistes, consultants, experts et autres spécimens, les accommodent à toutes les sauces, est une autre chose.

En résumé, point trop n'en faut et si on reprend les résultats des matches pour les deux cas évoqués : défaite peu glorieuse dans le premier, victoire petit bras avec spectacle affligeant dans le deuxième. Comme disait Disraeli, il y a trois sortes de mensonges : "lies, damned lies and statistics".

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